SCIENCES CLASSIQUES EXPÉRIMENTALES

et

CONNAISSANCE COMPORTEMENTALE

 

Cet essai à pour objectif de montrer qu'à côté de la science expérimentale il existe d'autres moyens d'accéder à une connaissance. L'épistémologie, ainsi que les modes opératoires de la science expérimentale forment des contraintes qui laissent hors de son champ d'investigation un vaste domaine qui ne peut être soumis à l'expérimentation et qui doit, cependant "fonctionner" avec des lois.

Nous tentons ici de présenter les limites de la science expérimentale, sans vouloir dénigrer la qualité de sa recherche. Puis de proposer une tentative autre d'observer la réalité dans son comportement.

 

1) science expérimentale, mathématisée

En schématisant, ne pouvons-nous pas dire que :

- cette science constate qu'un A mis en présence d'un B produit un R,

- elle néglige ce qu'est la "mise en présence",

- elle s'attache uniquement à des A et B isolés de leur environnement,

- elle considère qu'un A, quel qu'il soit, ne peut être qu'un A

- elle présuppose qu'un A et un autre A, identiques d'apparence, sont totalement identiques et se comporteront identiquement

- elle assume que, chaque fois qu'un A est mis en présence d'un B, inéluctablement un R est produit,

- elle cherche et réussit généralement à quantifier les rapports entre les A, B, R,

- elle tente d'expliquer ces relations par des concepts,

- elle se constitue en disciplines étudiant les rapports entre les A, B, et R,

- du fait que tous les A, B sont des éléments isolés de leur contexte, les disciplines qui les étudient sont également isolées en catégories spécialistes des A ou des B ou des C.

 

- la science expérimentale constate qu'un A mis en présence d'un B produit un R,

Sous cette formulation apparemment simpliste peuvent se retrouver toutes les opérations d'une science expérimentale. Quelle que soit la nature d'une expérience, un corps A, ou une entité A est physiquement approché (mis au contact) d'un corps B, dans une enceinte pouvant les contenir tous deux.

A et B peuvent être des corps physiques, inertes ou vivants. R est un résultat. Il peut être une modification de A ou B ou des deux, ou une action. R est ce qui se manifeste.

L'enceinte peut être étanche ou à l'air libre ou sous d'autres conditions. Elle est appropriée à l'expérience. Cyclotrons, tubes à essais, , boîtes pour cultures microbiennes, fils électriques conducteurs, chambres de Wilson en sont quelques exemples. Une enceinte peut être appareemment neutre, ou utilisée pour transmettre de la chaleur, du froid, des mouvements. A et B sont inclus dans l'enceinte et ne peuvent "s'évader". (sauf explosion ! …)

Que l'on introduise A en premier, ou B, le résultat sera identique. Cela signifie que A et B participent à une action, et que ce n'est pas l'un qui transforme l'autre. Ils sont tous deux parties prenantes inter réagissant.

Dans une expérience,

- on ne tient pas compte de la mise en présence, qui implique un mouvement, lequel (entre parenthèses) est généré par des tiers corps

- on contraint, de par la présence de l'enceinte, A et B à se "comporter" autrement que s'ils étaient éloignés.

- sait-on à partir de quelle distance A et B commencent à inter réagir ?

- un rapprochement lent ou rapide produisent-ils un même résultat. ?

 

- elle s'attache uniquement à des A et B isolés de leur environnement,

une mise en enceinte isole A et B, et le produit R, produit dans l'enceinte est remis ensuite dans un environnement différent de celui de l'enceinte. Est-ce toujours le même R ? L'observation de R hors de l'enceinte est-elle bien celle de R dans l'enceinte ?

- elle considère qu'un A, quel qu'il soit, ne peut être qu'un A

un A est observé au niveau auquel il nous apparaît en tant que A. Mais au dessous du niveau d'observation existe une hiérarchie de niveaux qui vont de l'apparence aux systèmes complexes, aux molécules qui les composent, aux atomes qui constituent les molécules. aux particules, tout cela supporté par un niveau quantique. Chacun de ces niveaux, pour rester stable, est un système autorégulé, Il reste stable tant que des contraintes ne brisent pas un niveau inférieur. Cette autorégulation implique l'existence de variables puisqu'il y a nécessité de régulation. Quelles sont ces variables ? Elles proviennent de l'environnement de A. Cela signifie qu'aucun A n'est le clone d'un autre A.

La science présuppose qu'un A et un autre A sont identiques et se comporteront identiquement

- elle assume que, chaque fois qu'un A est mis en présence d'un B, inéluctablement un R est produit,

Expérimentalement, et au niveau de l'apparence, c'est exact. Mais ce ne sont pas les mêmes A et B qui ont été mis en présence, et le R obtenu n'est pas le même que les précédentes fois.

- elle tente d'expliquer ces résultats par des concepts,

L'opération expérimentale fournit un résultat. Pour expliquer les comportements de A et B, la science utilise des notions/concepts tels que : forces, énergie cinétique ou potentielle, gravitation, attraction, magnétisme, electro-magnétisme, tension superficielle, viscosité, etc, toutes notions que la science a réussi à mathématiser. C'est à dire établir des relations mathématiques entre les comportements de A et B, selon leur nature, qui permettent de prévoir des "valeurs" concernant les résultats.

Ces notions conceptuelles n'expliquent pas le comportement de A ou B, mais le mesurent.

- elle néglige ce qu'est la "mise en présence" et ses modalités,

La mise en présence est universelle. Sans elle, pas d'actions ou de réactions, de dynamique, de diversité, d'évolution. Elle est le moteur de toute l'activité de la réalité, qui résulte de mise en présence permanentes. Pourtant, il ne semble pas que la science fasse intervenir dans ses expérimentations ce qui se passe dans une mise en présence, et comment celle-ci intervient dans les variations de A et B lorsqu'ils sont mis en présence.

- elle se constitue en disciplines étudiant les rapports entre les A, B, et R.

Du fait que tous les A, B sont des éléments isolés de leur contexte, les disciplines qui les étudient sont également isolées en catégories, spécialistes des A ou des B ou des C.

 

Science "comportementale", dynamique

 

Ne pouvons-nous pas proposer une autre tentative d'approche de la connaissance ?

La science est un moyen de connaissance de notre environnement, fort utile, efficace, fondement de toute notre activité technologique mais non le seul accès à la réalité.

Ne pouvons-nous pas proposer une autre tentative d'approche de la connaissance qui ne pourrait mesurer, utiliser des notions telles qu'énergie, gravitation etc, mais qui tenterait d'observer, d'expliquer le comportement dynamique de la réalité telle qu'elle nous apparaît, à notre niveau.

L'observation du comportement d'entités concrètes, identifiables, ouvre un nouveau champ à la réflexion, La confrontation de ces méthodes de connaissances, par une interdisciplinarité, peut être profitable à l'ensemble de la "Science" (sapere = savoir).

- comment la proximité intervient-elle-t-elle sur le comportement interactif entre A et B, produisant R ?

- quelle est cette dialectique ? Comment agit-elle ?

- est-ce que toutes les mises en présence agissent de la même manière quels que soient A, B, ou D et E, ou F et G, ou H, I, J et K ?

- ces "certaines manières" peuvent-elles être similaires dans des disciplines apparemment très éloignées ?

- peuvent-elles donner lieu à des systématisations "comportementales" qui seraient une meta-science ?

Voici une goutte d'huile tombant à la surface d'une eau calme. Que se passe-t-il ? La goutte rompt la surface air eau en créant une perturbation. Puis s'enfonce sous la surface (en fonction de la hauteur de chute) et ensuite remonte. Puis, petit à petit l'interface air huile forme un cercle à la surface de l'eau et un volume, (section de sphère ?) sous cette surface. Puis tout revient au calme. Apparemment.

Il semble s'agir d'un phénomène comparable à celui des trois corps des mathématiciens. S'il est possible de déterminer, peut-être approximativement, les relations interactives de deux corps il est difficile, sinon impossible, de calculer celles de trois corps inter réagissant. Dans le cas présent, il s'agit de l'eau, de l'air et de l'huile.

S'il nous est impossible d'anticiper les phases de l'évolution interactive de trois systèmes, la nature, elle, règle le problème à sa manière, puisque nous constatons l'évolution très rapide vers un résultat, se manifestant par un équilibre apparent, toujours mis en cause lorsque l'un des éléments varie. Or, nous le savons, la stabilité n'existe pas dans la réalité.

La question est : comment la nature "s'y prend-elle ?"

Certains physiciens feront appel à la gravitation. C'est elle qui met en place, les trois éléments selon leurs densités respectives. Si l'on remplace nature par gravitation, le problème demeure entier. Comment la gravitation s'y prend-elle pour résoudre ce problème des trois corps ? Ou bien est-ce que ce problème n'est-il qu'un concept dans notre esprit et que la réalité est toute autre ? Est-ce la gravitation qui donne la forme circulaire à la goutte d'huile ?

Un gros chalutier dans une mer agitée par la tempête roule bord sur bord et tangue d'avant en arrière et inversement. sans compter toutes les positions intermédiaires qu'il est conduit à prendre. Les vagues au vent sont transformées par la présence de la coque et sont différentes sous le vent. Le vent lui-même se transforme en tourbillons au passage par-dessus la coque. A chaque instant la position du bateau est conditionnée par la force et de la direction du vent, par la direction et de la force de chacune des vagues, les caractéristiques des courants, par son centre de gravité au moment de l'observation, par la puissance de son moteur, l'angle de son gouvernail, et des centaines d'autres paramètres, ainsi que par sa position antérieure.

Comment ce bateau rigide peut-il intégrer l'action de tous ces éléments et assumer la position unique, inéluctable qu'est la sienne à chaque instant du déroulement du temps ? Répondre qu'il s'agit de l'intégration des différentes forces qui s'exercent sur la coque n'est (à mon avis) que de la langue de bois, si l'on ne tente pas une explication. S'il y a intégration, comment s'effectue-t-elle. Ou bien est-ce encore un problème conçu par notre esprit, et qui n'existe pas dans la réalité ? Cette question n'est-elle pas comparable à celle que pose le paradoxe de Zenon ?

Voici une bille d'acier qui tombe sur une plaque d'acier. C'est par le concept "gravitation" que l'on explique ce mouvement. Voici le choc et la bille rebondit : elle remonte (elle s'éloigne). Ce n'est pas l'antigravitation qui la meut. Comment cette bille a-t-elle reçu "ce" qui la propulse vers le haut ?

Voici une balance au repos : les deux plateaux sont "en équilibre". Je mets délicatement un tout petit morceau de papier sur l'un des plateaux. L'ensemble de la partie mobile de cette balance se met en mouvement. D'ou vient l'énergie qui la meut ? Elle ne provient pas de la masse minime du papier. Comment l'information de la présence de ce papier s'est elle diffusée dans l'ensemble de la balance ?

 

 

Pour tout ceci, voici une série d'hypothèses

N'existerait-il pas dans la réalité un foisonnement de signaux issus de particules, atomes, molécules, systèmes simples ou complexes, des hiérarchies verticales de systèmes. Cette proposition est difficile à formuler, car notre raisonnement est limité par les conceptions physiques et mécanistes qui forment notre représentation de la réalité, ainsi que par les moyens sensoriels limités dont nous disposons pour tenter de l'appréhender.

 

Tout corps émettrait des signaux caractéristiques qui lui sont propres, fonction de l'état dans lequel il est. Ils seraient liés à sa nature. La nature de ces signaux nous est inconnue, ainsi que les moyens par lesquels ils se propulsent (s'ils se propulsent). De même l'existence d'un éventuel support (un médium) pose problème.

1) Tout corps émet des signaux, quel que soit son niveau, y compris au niveau subquantique

2) un système complexe émet l'ensemble des signaux de ses composants

3) ces signaux traversent l'air, l'eau, le "vide"

4) ces signaux ne sont perçus que par des récepteurs "appropriés" au signal

5) ils sont transformés en informations à partir du récepteur (prennent un sens)

6) ils conduisent au déclenchement d'un processus (tropisme)

7) le processus enclenché par une information est soit une action de rapprochement physique et de "prédation" soit une action de fuite

 

1) Tout corps émet des signaux, quel que soit son niveau.

Je regarde cette page de journal. J'observe quelque chose de blanc, paraissant souple, sur lequel il y a des taches sombres ou noires apparemment rangées en lignes. Ces taches semblent être disposées dans le plus grand hasard. Toutefois, certaines taches apparaissent plus souvent que d'autres. Certaines sont plus grandes que les autres. J'ai reçu ces signaux. Toute personne peut les recevoir.

Un appareil photographique peut les apercevoir et les enregistrer. Tous ces signaux sont disponibles. Sont-ils émis ? Ou disponibles "sur place" ? .

Je prends un microscope et regarde avec un faible grossissement. Je vois ce qui apparaît comme un enchevêtrement de fibres, certaines étant tachées et d'autres non. J'ai observé des signaux différents disponibles à un niveau inférieur. Ces signaux co-existent avec les précédents.

Un plus fort grossissement montrera des cellules liées entre elles, certaines colorées, d'autres non. Une analyse plus poussée montrerait des molécules caractérisant cette feuille de journal.

Dans tous les cas, à tous les niveaux, les signaux existent. Ces signaux pourraient se manifester depuis l'infra/particule jusqu'au-delà du cosmos. Nous savons bien que nos sens sont limités et que nous ne pouvons tous les appréhender même avec l'assistance de machines. Ces signaux que nous ne pourrions percevoir seraient, eux, perçus au niveau auquel ils ont été émis.

2) un système complexe émet l'ensemble des signaux de ses composants

Nous venons de le constater, à tous les niveaux d'un système complexe, les signaux existent. Ils existent et varient dans le temps en fonction de leurs interactions avec leur environnement. Les signaux constatés pour une fumée de cigarette varient plus rapidement que ceux de la feuille de journal, laquelle dans quelques années donnerait des signaux différents ; le blanc serait probablement jaune (selon nos normes) et l'encre grise et très pâle.

Ces signaux sont-ils émis ou sont-ils la nature même de l'item observé ? Pouvons nous le savoir ? Est-il important de le savoir ? Les questions sont posées. Pour la facilité du langage, nous ferons comme s'ils étaient transmis.

3) ces signaux traversent l'air, l'eau, le "vide"

En ce qui concerne l'air, c'est l'évidence. Dans l'eau, un plongeur peut apercevoir les couleurs des coraux. Les étoiles nous font parvenir leur lumière à travers le vide intersidéral. Mais est-ce le vide ? Certaines étoiles émettent des signaux magnétiques. Existe-t-il un ou d'autres "espaces" dans lequel signaux et récepteurs se connectent dans des niveaux que nous ne pouvons atteindre et que, donc, nous ignorons ?

Nous savons qu'il existe, au niveau quantique un "espace" dans lequel les informations sont instantanément transmises, domaine dans lequel le temps ne semble pas exister tel que nous le percevons. Étant nous-mêmes partie de la réalité, nous pourrions participer de ces niveaux et par là, être les interprètes de certains phénomènes tels que la sympathie, l'antipathie, l'intuition, la télépathie, les états mystiques et tous autres états que nous ressentons et ne pouvons "localiser". et dont certains semblent transcender le temps.

4) ces signaux ne sont perçus que par des récepteurs appropriés au signal

Et voici l'hypothèse la plus hardie ! : tout corps, à tout niveau, dispose d'un récepteur de signaux.

Nous savons par l'observation qu'on ne peut mélanger huile et eau. Lorsqu'une molécule d'huile est au contact de l'eau un récepteur lui fait connaître les signaux émis par l'eau, et inversement. Ce récepteur est apte à recevoir les signaux de l'eau, et peut-être d'autres signaux. Est-il dédié à la réception de signaux spécifiques ? Probablement. Mais comment fonctionne-t-il ?

5) ils sont transformés en informations à partir du récepteur (prennent un sens)

La feuille de papier journal, de signal devient information lorsque son contenu est reçu par nos yeux et lorsque notre culture/connaissance lui aura donné un sens. Ce sens est unique pour tout individu. L'attention décide de quel signal sera transformé en information. La physiologie, la psychologie peuvent-elle donner quelque explication ?

6) ils conduisent au déclenchement d'un processus (tropisme)

Parmi toutes les informations reçues, certaines sont absorbées "sans suite". Les autres entraînent une action.

Je regarde une pendule. J'observe qu'elle indique 8 heures et 5 minutes. Je sais qu'à 8 heures et 10 minutes je dois être dans la voiture pour arriver à l'heure à mon travail. Je me mets en mouvement, prends mon imperméable et me rends vers la voiture. Le signal reçu à partir de tous les éléments de la montre est transformé en information, laquelle est intégrée au système que je suis et déclenche un processus.

Je suis allé volontairement chercher cette information. Elle aurait pu m'arriver par le biais de quelqu'un qui dise "Il est 8 heures 5". L'information me serait arrivée par l'oreille et aurait provoqué la même démarche. Toutefois, si, un dimanche, quelqu'un me dise qu'il est 8 heures 10, aucune action ne s'ensuivrait.

 

7) le processus enclenché par une information est soit une action de rapprochement physique et de "prédation" soit une action de fuite

Une analyse du comportement des êtres vivants montre que toute action s'inscrit dans l'une ou l'autre catégorie, à savoir "aller vers" ou "s'éloigner de", et dont la motivation semble être la nécessité de survie individuelle et, par là, de l'espèce. Aller vers la nourriture, aller vers son homologue masculin/féminin, fuir le danger. Chez les êtres vivants, aller vers l'agréable, s'éloigner du désagréable est la traduction affective de ces tropismes. L'affectivité, ou la rationalisation de comportements, masquent les fondements des motivations, que la psychanalyse tente parfois de mettre à jour.

Qu'en est-il du non vivant (selon nos normes) ? Il semblerait qu'il existe cette même notion de tropismes. Certains corps chimiques ont des affinités et peuvent fusionner (oxygène et hydrogène). D'autre refusent la fusion (eau et huile). Leurs récepteurs transforment-ils les signaux en "sens" guidant leur comportement ? Nous ne pouvons répondre. Mais il y a des analogies troublantes entre le comportement du vivant et de la matière dite inanimée (sans âme ?) en ce qui concerne la réaction à des stimuli. Notons, en passant, que la matière dite vivante est constituée d'éléments "non vivants" !

 

Peut-on concevoir que, dans un ensemble, tous les signaux des constituants soient émis simultanément, et que l'ensemble récepteur décode chacun des signaux au niveau auquel ils ont été émis. La traduction de signaux en informations paraît, toujours pour nous, très courte, sinon instantanée.

Chaque niveau d'un ensemble répond aux signaux qu'il a décodé. La verticalité des éléments d'un système complexe globalise les signaux décodés et répond globalement à tous les niveaux. Ce qui exclût les approches successives des interactions dans le problème des trois corps et expliquerait la rapidité de la nature à résoudre rapidement les problèmes de N corps. La réponse instantanée du bateau serait due aux réactions très rapides des éléments (niveaux) qui le constituent, répondant aux niveaux élémentaires qui "l'attaquent"

Analysons le comportement de la goutte d'huile à la lumière de ces propositions

Lorsque les molécules d'huile sont remontées à la surface, la forme de l'ensemble était indéterminée. A la fin du processus, l'ensemble était circulaire. Que s'est-il passé ? De notre point de vue, chaque molécule, fut-elle à proximité de l'interface ou à l'intérieur de la goutte, a reçu des informations qui l'ont conduite à réagir. Est-ce pour obtenir les "meilleures conditions d'existence" probablement la moindre pression sur ses "frontières" Nous ne savons pas comment cette molécule agit, ni quelles sont ses meilleures conditions d'existence (ou autre finalité). Ni ce que sont ses frontières. Cela semble indiquer que tout corps non vivant a également une finalité et une aptitude à la sauvegarder. Quelle pourrait-elle être ? Est-elle connaissable autrement que par des hypothèses toujours confirmées ?

A partir de là se pose une autre question qui relève de la même problématique.

Un petit objet, posé sur une table, est poussé. Il se déplace. La poussée initiale s'est appliquée sur une petite surface de cet objet. Comment le reste de l'objet subit-il la poussée, et se déplace-t-il. Autrement dit, comment la poussée appliquée en un point s'est-elle étendue à l'ensemble ? Inversement, la poussée étant appliquée progressivement, comment est-ce que l'ensemble "sait" quand il est conduit à se déplacer. Il y a obligatoirement passage de signaux depuis le point d'application jusqu'à l'ensemble. Comment ? Sans négliger l'interaction entre l'objet et la table qui le supporte. Mais, c'est un fait, une poussée "suffisante" sur un objet le déplace. Peut-on trouver une explication par le comportement individuel de chacun des éléments de l'objet, à tous leurs niveaux, ainsi que de ceux de son support ?

Toutefois, on constate que le pousseur cherche à pénétrer l'espace du poussé. Sommes-nous autorisés à penser que, sur l'interface, le poussé se déforme (au plan moléculaire) et que sa déformation entraîne celle des autres qui se "défendent" se la même manière. Pour nous, "dur, c'est incompressible". Dans la réalité, peut-être en est-il autrement. Les molécules de contact entre la bille et la plaque d'acier inter réagissent comme si l'acier était "élastique", donc compressible.

Depuis le début de ce texte nous avons développé des propositions totalement hérétiques par rapport aux idées reçues et également par rapport au degré actuel du développement des sciences, à savoir :

- tout participant à la "réalité" est porteur de signaux, caractéristiques de sa nature et de son état. Ces signaux sont émis (ou disponibles) globalement

- un système complexe émet tous les signaux de ses constituants, à leur niveau

- les niveaux des systèmes pourraient aller en deçà des particules et au-delà de ce que nous qualifions de cosmos.

- tout participant à cette réalité dispose de récepteurs, spécifiques à sa propre nature, qui lui permettent de recevoir des signaux

- ces signaux perçus sont parfois transformés en information (prennent un sens)

- les informations, parfois déclenchent un processus de tropisme négatif ou positif

(fuite ou rapprochement)

- les motivations des tropismes, perçus ou non, serait la survie de l'individu et celle de l'espèce chez les êtres vivants. En ce qui concerne les autres, il semble qu'il existe une finalité configurant leur "comportement"

Peut-être pouvons-nous ainsi amorcer une recherche sur la mise en présence dont le mode d'intervention semble universel.

Dans cette perspective de recherche, il y avait deux sujets ;

-comment la mise en présence fonctionne-t-elle ?. C'est ce que nous avons esquissé.

- comment est-ce qu'une entité fonctionne entre ses différents niveaux et assume-t-elle ses échanges avec son environnement ? Cela relève de la systémique.

Bien entendu, tout ceci est vu d'une perspective anthropique. Nous ne pouvons faire autrement que percevoir la réalité au travers de nos sens, et conférer aux évènements un "comportement" tel que nous le concevons. Pour nous, la réalité fait "comme si" et nous n'avons aucune possibilité (à l'heure actuelle ?) de formuler l'observation des faits autrement que par des analogies avec notre comportement, le seul que nous connaissions.

Reconnaissons que la réalité, elle, est toute autre, et probablement inconnaissable. et acceptons de la traduire (partiellement !) dans un langage que nous puissions comprendre …

 

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